Canal des Arrosants

Géré sous l’ancien régime par les Consuls de la ville, puis après la Révolution par un syndicat de propriétaires et d’exploitants, dont le Maire fut souvent le président, la structure juridique actuelle, dont les derniers statuts datant de 1882 consacrent l’indépendance vis-à-vis de la municipalité, est celle d’une association syndicale autorisée, dont sont membres de droits tous les riverains, qui peuvent y puiser contre une cotisation annuelle.

Egalement alimenté par le fleuve côtier, la Reppe, ce canal a permit à Ollioules de développer son agriculture et horticulture depuis le XVème siècle . Pour cela, ils ont mis en place très tôt dans l’histoire un captage des sources situées au débouche des Gorges. Un canal, en partie souterrain, dont la branche principale suit le cours de la Reppe puis se ramifie dans la riche plaine alluvionnaire, conduit cette eau vers les moulins et les propriétés agricoles. Il avait en effet une double fonction : force hydraulique pour faire tourner les roues des moulins, eau d’arrosage pour les cultures. Régule par gravitation, cet ouvrage témoigne d’une science admirable dans le calcul des pentes nécessaires à une bonne répartition du précieux fluide.

Plus tard, ce canal devenu « Canal des Arrosants », a irrigué les nombreuses exploitations horticoles qui ont fait la richesse de la commune.

Le Canal des Moulins ou des Arrosants

L’ensemble des sources canalisées va constituer le Canal des Moulins ou des Arrosants Cette double appellation que l’on retrouve dans différents textes s’explique par le fait que ce canal a servi aux deux usages à partir de 1448, l’eau du Canal des Moulins étant mise au service de l’agriculture.

Cet ouvrage souterrain sur une longueur de 875 mètres va ensuite longer à ciel ouvert le lit de la Reppe par intermittence.

Cette eau acheminée par gravitation naturelle aura permis de créer une activité économique très importante. Indépendamment des moulins, des usines, des tanneries et des teintureries ont confectionné pendant des siècles. Mais la grande bénéficiaire restera l’activité agricole. Pour desservir les jardins des maraîchers et des horticulteurs, tout un réseau de distribution a été construit :

  • Les martelières (vannes) servent à répartir l’eau du Béal entre les différents utilisateurs.
  • Les bassins permettent aux jardiniers de stocker l’eau pendant le temps alloué « aux minutes » attribuées par le syndicat des arrosant. Le nombre de ces « minutes » était proportionnel à la superficie du jardin à arroser. « Une minute » correspond à l’arrosage de 54 m2 de jardin.
  • Les norias (pousso-raco en provençal) godets autrefois en terre cuite, en bois puis en zinc fixés sur cordes, chaînes et actionnés par des roues et engrenages servent à monter l’eau dans des bassins situés au-dessus du niveau du canal. Les norias étaient activées par l’homme ou un animal (mulet ou âne), par la force du vent (éoliennes) puis plus récemment par un moteur. Le système des norias est utilisé depuis l’antiquité.
  • Les écluses (resclaves en provençal) permettent au Béal de changer de rive.


Historique

En 1481, date du rattachement de la Provence à la France, les eaux furent données aux riverains – population – arrosants – meuniers – mouliniers – usiniers. Toutefois, l’entretien es canaux resta à la charge de la commune jusqu’en 1767. En réalité, la communauté assura le financement des constructions complémentaires jusqu’en 1833 avec malgré tout une contribution des arrosants.

Les archives municipales antérieures à l’an 1600 ne permettent pas de préciser avec certitude la date de la construction des galeries souterraines.

Au fil du temps et surtout à la suite des crues terribles de la Reppe, le conseil communal fait effectuer des recherches en deux points différents dans ce même secteur des gorges d’Ollioules.

En 1705/1706 les recherches positives conduisent à la construction des galeries souterraines des eaux du l’Abus.

A ce moment-là, la communauté possède, tant pour la mouture du blé que le détritage des olives 6 moulins communaux :

  • Le Moulin Neuf
  • Le Moulin de la Trisse-Rate
  • Le Moulin de la Tour
  • Le Moulin Clapier
  • Le Moulin de la Figuière
  • Le Moulin de Palisson


Le garde-canal

Chargé de veiller à la bonne exécution du règlement du syndicat, le garde-canal (ou garde-rivière) prête serment devant le tribunal de son arrondissement. Il visite régulièrement le parcours du canal et dresse des procès-verbaux pour les délits et infractions au règlement. En particulier, il est chargé de surveiller les « voleurs d’eau » qui, en catimini et souvent la nuit soulèvent leur martelière hors de leur période d’attribution.

Appelé le « béal », ou canal des arrosants, ce chemin vous promet une balade étonnante !

Service Archives et Patrimoine, Vie des Quartiers
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